Les débardeurs

Le sillage d’écume du navire reste leur fil d’Ariane dans le labyrinthe des îles, seul lien frêle et tenace avec le monde bigarré, les touristes suédois et les chansons de Beyoncé, un ailleurs où l’on ne prête au sirtaki qu’une oreille condescendante, un sourire de parc d’attraction. Le bateau ne reste à quai qu’une poignée de minutes, et toujours c’est le même ballet cocasse, froufroutant et pourtant mécaniquement réglé sur le trot d’une montre suisse. Lettres, paquets et pastèques à l’assaut des scooters et des triporteurs, laissent leur place aux voyageurs pressés de se rafraîchir enfin dans le vent de la course. Un quart d’heure plus tard, la place sera nette, débarrassée des fourmis humaines, royaume sans partage des chats fainéants…
Port de Chalki, Dodécanèse, Grèce


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