Les patineurs

Quelle drôle d’idée que ces brodequins à roulettes qui peuvent vous précipiter les quatre fers en l’air contre la balustrade ? Les plus jeunes tournoient comme des plumes d’argent, narguant leurs aînés qui peinent à prendre leur élan et restent groupés comme des poussins maladroits. Quant à Monsieur Aimé, il joue sa bonne fortune sur le tapis d’asphalte. Quinze jours de vacances à discrètement courtiser la belle Sidonie, sourires timides de part et d’autre d’un service à thé, une partie de volants endiablée avec la jeunesse de l’hôtel, enfin une valse inachevée lors d’une après-midi dansante, car Mademoiselle a beaucoup de prétendants… Mais voilà qu’elle a accepté son invitation à la patinoire ! Moderne Pygmalion, l’as des souliers magiques s’apprête à révéler les secrets de son art. Main dans la main, à pas de velours ils se lancent, l’heure est propice aux confidences…
Patineurs à La Bourboule, circa 1938 (archives privées)


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