Espuma

Les Espagnols savent dire l’écume. La espuma mousse et danse sur la langue. Brin de mer volage ou chair de nuage, qui sait ? Perle d’eau douce, brume salée, à moins qu’elle ne soit glace pilée imbibée de lumière.

Les Espagnols savent dire l’écume. La espuma mousse et danse sur la langue. Brin de mer volage ou chair de nuage, qui sait ? Perle d’eau douce, brume salée, à moins qu’elle ne soit glace pilée imbibée de lumière.

Voilà un morceau d’arc-en-ciel bien bavard, venu jacasser des derniers remous et rumeurs de la plage auprès d’un masque de plongée compatissant, qu’il n’a choisi comme confident que parce qu’ils arborent la même nuance de turquoise fluorescente. A l’affût du ragot, … (Lire la suite)

« Il y a des moments où notre pensée de nous-mêmes comme énigme, comme non-être, cesse d’un coup. Nous regardons une montagne, disons, nous regardons ses gouffres, ses cimes dans la lumière. Et dans cette simultanéité d’impressions également vives … (Lire la suite)

L’aurore a la couleur des nymphéas, elle estompe le paysage sous une mousseline assortie à ses pétales de porcelaine. L’espace d’un instant, voilà les rudes sommets des Alpes transportés en Orient, leurs pentes baignent dans la mer de Chine et servent de repère aux jonques, et sur leurs terrasses on cultive … (Lire la suite)

Vif comme la mouette dont il porte le nom, en français s’il vous plaît, le petit yacht n’a pu aller bien loin aujourd’hui. Les nuages effilochés qui strient l’horizon annoncent le grain. La mer est grosse, et le flux de la marée montante tourbillonne à l’entrée du chenal. Pour un navire de son tonnage, la passe a pris des allures de quarantièmes rugissants ! Tout à l’heure, gîtant sur tribord, il a embarqué tant d’écume … (Lire la suite)

La Tour régnait autrefois sans partage sur le courant du fleuve, le ressac des marées, et le ballet des galions gonflés des trésors du Nouveau-Monde, qui venaient jeter leur obole sur le pont du vaisseau de pierre. Sa carrière prit fin en 1755, lors du fameux séisme … (Lire la suite)

Dans la lumière crue d’une matinée qui s’étire, le phare semble à portée de main, comme si d’un coup d’ongle je pouvais faire sauter le verrou et grimper l’escalier en colimaçon (car les escaliers de phare sont toujours en colimaçon, sûrement pour donner le vertige aux pirates). A vue de nez … (Lire la suite)